Les zones humides de Polynésie française : un écosystème menacé par les espèces exotiques

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Les zones humides figurent actuellement parmi les écosystèmes les plus menacés de la Polynésie française. Parmi les menaces pesant sur ces milieux, l’invasion par des plantes introduites a un impact direct sur les communautés végétales naturelles et le fonctionnement des zones humides.

Rhizophora stylosa dans la baie de Phaeton à Tahiti © JY Meyer

Ainsi, le palétuvier Rhizophora stylosa introduit dans les années 1930 à Moorea a colonisé environ 5 % du littoral de l’île avec près de 130 000 plants recensés en 2014. Son aire de répartition s’est depuis étendue aux autres îles hautes de l’archipel de la Société (Tahiti, Raiatea, Tahaa, Huahine, Bora Bora) où il forme des cordons littoraux ou des fourrés denses en remplaçant les pelouses littorales à Paspalum vaginatum (Iltis & Meyer 2010).

Le Roseau à massette (Typha domingensis) originaire d’Amérique tropicale forme des peuplements quasi monospécifiques sur les lacs de plusieurs îles (Meyer, 2007). La Jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes) signalée à Tahiti depuis 1950 colonise certains plans d’eau de l’île, et l’Egérie dense (Egeria densa) est particulièrement abondante dans le lac Vaihiria et le bain Vaima où elle forme des tapis épais (Meyer, 2000). D’autres plantes aquatiques potentiellement envahissantes comme la Laitue d’eau (Pistia stratiotes), la fougère aquatique Salvinia molesta ou encore les lentilles d’eau douce (Lemna sp). sont présentes en Polynésie française (Meyer, 2009b et obs. pers.).

 

Typha domingensis sur l’île de Huahine © JY Meyer

Concernant la faune, l’introduction volontaire ou accidentelle de poissons prédateurs dont le tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus) dans les années 1950 comme source de nourriture, le guppy (Poecilia reticulata) pour l’aquariophilie et la lutte contre les moustiques et le molly (Poecilia sphenops) comme appâts pour la pêche (Keith, 2002), a certainement causé des impacts non négligeables sur les poissons indigènes et endémiques ainsi que sur l’entomofaune aquatique, comme démontré aux îles Hawaii (Englund, 1999). La Tortue de Floride (Trachemys scripta elegans), autrefois vendue dans les animaleries, est parfois retrouvée dans les cours d’eau de Tahiti et est classée comme « espèce envahissante menaçant la biodiversité » en Polynésie française.

Pour faire fasse à ces enjeux, la mise en place d’une stratégie de conservation et de plans d’action dédiés aux zones humides de Polynésie française semble urgente et prioritaire.

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