Les Contrats de rivière (Belgique) présentent aujourd’hui un rapport complet de leur expérience en tant que gestionnaire de terrain de plantes exotiques envahissantes, expérience acquise principalement dans le cadre du LIFE RIPARIAS. Celui-ci reprend non seulement des informations pratiques par espèce (période de détection et de lutte, gestion des déchets, spécificités techniques) mais aussi les aspects de gestion du planning des interventions, de l’organisation interne des équipes d’ouvriers, les aspects biosécurité, le matériel ou encore la gestion des propriétaires.
Le projet LIFE RIPARIAS vise à optimiser la gestion des EEE en encourageant la récolte de données scientifiques fiables, la concertation entre partenaires et l’établissement de stratégies de gestion. Ce projet s’étend sur 3 bassins versants en Belgique (Dyle, Senne et Marcq) et vise notamment 22 espèces de plantes exotiques envahissantes parmi lesquelles 9 sont rivulaires et 13 sont principalement aquatiques. Ces 22 espèces peuvent également être catégorisées comme soit « répandues » à l’échelle de la zone du projet, soit « émergentes ». Les cinq espèces considérées comme répandues à l’échelle de la zone du projet sont : la Balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera), la Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), le Myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum), la Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) et l’Hydrocotyle fausse-renoncule (Hydrocotyle ranunculoides).
Dans le cadre du projet LIFE RIPARIAS, les 3 Contrats de rivière wallons bénéficiaires du projet ont initié depuis 2021 de nombreux inventaires de terrain et ont pu ainsi détecter de nombreuses nouvelles populations problématiques de plantes exotiques envahissantes sur leur bassins versants respectifs. Ils ont donc élargi à plus d’une vingtaine d’espèces supplémentaires leurs actions de gestion, tout en développant et affinant ainsi les bonnes pratiques de lutte. En pratique, ce sont 87 sites différents qui sont gérés manuellement en Wallonie dans le cadre du LIFE pour l’éradication d’une espèce aquatiques exotique envahissante, de même que 8 cours d’eau le long desquels la Balsamine de l’Himalaya est éradiquée. La lutte contre ces espèces est un combat qui s’inscrit dans la durée et pour lequel il faut faire preuve de ténacité, de minutie, de rigueur et de régularité
Les Contrats de rivière présentent aujourd’hui un rapport complet de leur expérience en tant que gestionnaire de terrain durant cet ambitieux projet européen. En effet, de nombreuses procédures et connaissances ont été acquises durant les 5 dernières années et elles méritaient d’être compilées en un document. Celui-ci reprend non seulement des informations pratiques par espèce (période de détection et de lutte, gestion des déchets, spécificités techniques) mais aussi les aspects de gestion du planning des interventions, de l’organisation interne des équipes d’ouvriers, les aspects biosécurité, le matériel ou encore la gestion des propriétaires.
Le rapport est disponible ici : https://www.crsenne.be/cadre-operationnel-pour-la-gestion-des-plantes-exotiques-envahissantes-aquatiques/
Quels sont les résultats concrets de ces efforts de gestion ?
Pour les espèces aquatiques déjà plus répandues, l’objectif était de réduire leur emprise de 80%. C’est-à-dire que l’aire occupée par ces espèces devait se réduire à moins de 20% comparé à l’aire occupée en début de projet. Au cours du projet, pour la partie wallonne, nous avons réalisé que nous pouvions aller plus loin que l’objectif des 20% et viser l’éradication complète du territoire pour 2 des espèces considérées pourtant comme répandues : l’Hydrocotyle fausse-renoncule et le Myriophylle du Brésil. En effet, nos 35 différents chantiers initiés visant ces 2 espèces vont atteindre l’éradication totale avec succès dans les prochaines années, à conditions d’être rigoureux dans le suivi et la minutie de la gestion. Nous avons toujours agi manuellement sur ces sites, de taille petite à moyenne, sauf pour un très grand site à hydrocotyle sur lequel nous avons travaillé avec une faucardeuse.
Quelles sont les raisons de ce succès ?
Premièrement, les ouvriers de terrain sont choisis, formés et accompagnés sur le terrain, ensuite un suivi minutieux des sites est assuré sur le long terme, les sites sont de taille petite à moyenne et pour finir ces deux espèces sont globalement faciles à retirer et peuvent composter sur site.
Les résultats sont moins encourageants pour la Jussie à grandes fleurs car son éradication ne sera obtenue que pour la moitié des chantiers engagés, c’est à dire 8 sur les 16. L’éradication peut être atteinte dans les sites de petite taille, avec une vase fluide qui permet d’extraire facilement les racines. Malheureusement, pour les sites de grande taille, avec un substrat dense ou des berges faites de gabions ou d’enrochements, ou encore les sites où la plante développe une forme « terrestre », nous avons dû abandonner la gestion manuelle.
Les Contrats de rivière engrangent de très bons résultats sur la gestion de la Balsamine de l’Himalaya et la Berce du Caucase, de même que sur des espèces émergentes telles que le Faux Arum (Lysichyton americanus) qui aura été déraciné par centaines avec succès, ou encore le Pétasite du Japon (Petasites japonicus)
Pour conclure, il parait clair que la dimension humaine constitue l’un des piliers les plus déterminants du succès des chantiers de gestion. En effet, celui-ci repose largement sur la qualité de l’organisation humaine, de la formation des équipes, de leur motivation, de leur aisance à travailler en équipe soudée et de leur rigueur. La compréhension des enjeux écologiques et de l’utilité concrète du travail réalisé renforce l’implication des équipes et leur professionnalisme au quotidien.
Pour découvrir les autres aspects du projet LIFE RIPARIAS (hors gestions de terrain), n’hésitez pas à vous rendre sur le site web du projet : https://www.riparias.be/fr
Si vous souhaitez nous contacter, n’hésitez pas :
Dido Gosse et Christine Bodmer
Contrat de Rivière Senne ASBL
Place Josse Goffin 1 – 1480 Tubize
Belgique
+322/355.02.15 – liferiparias@crsenne.be
Jérémie Guyon
Contrat des rivières Dyle-Gette ASBL
Rue des Andains 3 – 1360 Perwez
Belgique
+3210/62.04.30 – j.guyon@crdg.be
Rédaction : Dido Gosse (LIFE RIPARIAS – Contrat de Rivière Senne ASBL)
Relecture : Arnaud Albert (OFB), Camille Bernery (Comité français de l’UICN)