La charte d’engagement contre l’introduction de plantes invasives : un outil à destination des collectivités en région Centre-Val de Loire

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En région Centre-Val de Loire, le Conservatoire d’espaces naturels régional et le Conservatoire botanique national du Bassin parisien (CBNBP) co-animent le GTPI, Groupe de travail sur les plantes invasives. A partir d’une analyse réalisée par la délégation Centre-Val de Loire du CBNBP, 39 espèces ont été classées dans la liste hiérarchisée des espèces végétales exotiques envahissantes au niveau régional : 24 reconnues comme invasives avérées, 9 sur liste d’observation et 6 sur liste d’alerte (Desmoulins et Emeriau, 2017).

Un outil pour accompagner les collectivités

Les milieux urbains abritent bon nombre de plantes invasives. Si l’esthétique et l’ambiance créées par ces espèces peuvent être appréciées, leur possible dispersion vers les espaces naturels périurbains ne doit pas être négligée. Dès lors, la responsabilité d’une collectivité peut être interrogée vis-à-vis de ce risque de dispersion et de l’image d’exemplarité qu’elle se doit de donner à ses citoyens et usagers. C’est pour répondre à cette problématique et accompagner les collectivités confrontées aux invasions biologiques sur leur territoire que le GTPI a développé un outil spécifique : la charte d’engagement contre l’introduction de plantes invasives.

Des engagements mutuels

Les collectivités signataires s’engagent à ne pas planter, en régie, les espèces listées en annexe de la charte (i.e. 43 plantes identifiées comme particulièrement problématiques en région) et également à mentionner cette directive dans les cahiers des charges des travaux paysagers à destination de leurs prestataires. Ces collectivités sont également encouragées à faire remonter au GTPI les données d’espèces invasives observées, à gérer leurs espaces verts à l’aide de méthodes alternatives aux produits chimiques, à contrôler ou confiner les espèces invasives dans les zones à enjeux, et à sensibiliser les habitants à ne pas planter ces espèces dans leur jardin. En contrepartie, le GTPI s’engage à leur apporter des conseils, à former à la reconnaissance et la gestion de ces espèces, à communiquer vers le grand public sur cette thématique et à valoriser cette démarche auprès des autres collectivités.

Une déclinaison d’actions

La mise en application des engagements mutuels qui relient le GTPI et la collectivité signataire s’articule sur trois axes, déclinés en plusieurs actions.

Formation des agents

En premier lieu, les agents techniques sont sensibilisés à la problématique des plantes exotiques envahissantes, apprennent à identifier et à gérer ces espèces sur le terrain. Une ou plusieurs sessions de formation peuvent être assurées, selon les demandes de l’équipe.

Appropriation de la démarche par les élus

Les membres du Conseil municipal sont moteurs de la démarche. Bien souvent, ce sont le Maire et son élu en charge de l’environnement qui en sont à l’initiative. L’un d’eux (ou le responsable des services communaux) est alors identifié comme interlocuteur référent en interne et en relationnel externe. Il est en charge de l’organisation, du suivi et de la mise en œuvre des différentes actions, en collaboration avec le GTPI.

Communication auprès des administrés

Il est souhaitable que les habitants du territoire soient également sensibilisés pour assurer la cohérence optimale de ce dispositif d’accompagnement dans la prévention de la propagation des plantes invasives. Généralement, une réunion publique, animée par le GTPI, est organisée pour les informer et les sensibiliser sur la problématique des plantes exotiques envahissantes et les informer sur les moyens d’agir. Ensuite, des actions de sensibilisation sont menées, pouvant prendre diverses formes puisqu’elles sont déterminées en fonction des souhaits de la collectivité et des opportunités locales d’accompagnement de ces actions, comme par exemple : ateliers spécifiques à destination de jardiniers et horticulteurs amateurs, formation des membres d’une association locale de randonneurs lors d’une balade nature, publication d’articles dans le bulletin municipal, prêt d’exposition sur les espèces exotiques envahissantes, etc.

Un dispositif à déployer

La principale force de ce dispositif est d’être un outil adaptable pouvant permettre de déployer un grand nombre d’actions. Leur adaptation au contexte et aux problématiques spécifiques locales et aussi aux volontés et besoins des divers acteurs de la collectivité, rend plus aisée leur appropriation à cette échelle. Par ailleurs, le développement de ce dispositif participe directement à celui du réseau de veille. Depuis 2014, cinq collectivités se sont engagées dans ce dispositif original : le Conseil départemental du Loiret et les communes de Fontenay-sur-Eure (Eure-et-Loir), Jargeau (Loiret), Avoine (Indre-et-Loire) et Ports (Indre-et-Loire). Il s’agit de premiers ancrages locaux de cette démarche volontaire. Ils peuvent servir d’exemples et de sources d’émulation pour les collectivités alentours de manière à ce qu’une telle démarche s’étende progressivement à toutes les échelles territoriales (communes, communautés de communes, départements, etc.) pour que la problématique de gestion des plantes exotiques envahissantes fasse pleinement partie des enjeux généraux de protection de la biodiversité de ces territoires.

Rédaction : Charline Teffaut, CEN Centre-Val de Loire
Relectures : Doriane Blottière et Emmanuelle Sarat, Comité français de l’UICN, Alain Dutartre, expert indépendant
Photo d’en-tête : signature de la charte à Avoine (Indre-et-Loire) le 24 novembre 2017 © Commune d’Avoine

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