Premier signalement de l’amphipode Grandidierella japonica en Bretagne

 In A surveiller de près

Ce petit crustacé benthique de moins d’un centimètre de longueur, de la famille des Aoridae, a été découvert lors de prélèvements réalisés en 2015 sur la rivière Noyalo, en bordure de la réserve naturelle des marais de Séné, dans le Golfe du Morbihan (Droual et al., 2017). Quatre-vingt-neuf individus ont été prélevés, dont des femelles ovigères et des juvéniles, ce qui laisse à penser qu’une population viable était déjà établie. De précédents échantillonnages effectués en 2004 et 2007 à Noyalo n’avaient alors pas mis en évidence la présence de cette espèce.

Localisation des stations où l’amphipode a été détecté © Droual et al., 2017

Originaire du Japon, cet amphipode s’est largement répandu sur les côtes de l’océan Pacifique, du Canada au Mexique, en Australie et à Hawaii. En Europe, l’espèce a d’abord été détectée au sud de l’Angleterre, à Southampton en 1997 et dans l’estuaire de l’Orwell en 2007, puis en France, dans la baie de Marennes-Oléron en 2010 et dans le bassin d’Arcachon en 2012. Elle serait également présente en Suède et en Italie.

Femelle de G. japonica © Droual et al., 2017

Si en Angleterre et à Hawaii, ces introductions semblent liées au transport maritime (eaux de ballast et biofouling), son arrivée en baie de San Francisco serait liée à l’importation de l’Huitre creuse Crassostrea gigas pour l’ostréiculture. En effet, la dispersion transocéanique de ce petit crustacé est limitée car il vit en conditions estuariennes et ne présente pas de phase de dispersion larvaire planctonique, il peut en revanche se retrouver comme passager clandestin lors des importations conchylicoles. C’est très probablement le cas pour ses arrivées en France puisque les trois zones où l’amphipode a été observé sont d’importantes zones ostréicoles. Une autre hypothèse, moins probable mais pas impossible, est le transport lié à l’intense activité de navigation récréative existant entre le golfe du Morbihan et d’autres localités côtières.

Bien que ces observations en France soient récentes, il est possible que G. japonica soit présent dans nos zones côtières depuis bien plus longtemps sans y avoir été détecté. En effet, l’espèce n’est pas facile à déterminer et la littérature européenne n’en faisant pas mention jusqu’à présent, des erreurs antérieures d’identification ne sont pas à exclure. Les auteurs concluent sur l’intérêt de réaliser des études génétiques sur les populations françaises, qui permettraient de déterminer plus précisément leur origine et les voies de leur introduction. L’espèce serait susceptible d’entrer en compétition avec les espèces locales, mais ses impacts sur l’écosystème et les communautés autochtones sont très peu documentés.

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