De la réserve intégrale à la nature ordinaire. Les figures changeantes de la protection de la nature (XIXe-XXIe)

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Les 29 et 30 septembre 2020 s’est tenu dans l’auditorium des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) un colloque intitulé “De la réserve intégrale à la nature ordinaire. Les figures changeantes de la protection de la nature (XIXe-XXIe)“.

Il a été organisé par l’Association pour l’histoire de la protection de la nature et de l’environnement (AHPNE) avec de nombreux partenaires : le Comité d’histoire du Ministère de la transition écologique et solidaire, l’Office français de la biodiversité, le Comité français de l’UICN, la Fondation François Sommer, le Groupe d’histoire des zones humides, l’Université de Caen-Normandie, l’Université Paris Lumière, la Société française du droit de l’environnement, la Société italienne d’histoire de la faune et la Société nationale de protection de la nature.

Originellement prévu les 11 et 12 décembre 2019, ce 4ième colloque de l’association a subi quelques vicissitudes puisque annulé à ces dates pour cause de grèves de transports, il avait tout d’abord été reporté en mars 2020, période durant laquelle la situation sanitaire liée à la pandémie de Covid 19 en avait empêché la tenue. Finalement, le colloque a pu se tenir en septembre 2020 dans des conditions particulières, c’est-à-dire avec la présence des intervenants dans les locaux des Archives nationales et la diffusion des communications et des échanges depuis une plateforme numérique dédiée. Si les 20 à 30 personnes présentes selon les sessions ne manquaient pas de place dans l’Auditorium, la participation en ligne a été un succès avec 271 personnes connectées le premier jour et 178 le second, ce qui a permis de nombreux débats.

Quelles évolutions de nos relations à la nature ?

Dans le texte de présentation du colloque, Henri Jaffeux, président de l’AHPNE, a rappelé que depuis plus d’un siècle et demi la protection de la nature s’est inscrite en France comme une préoccupation importante et que durant les trois dernières décennies deux changements notables étaient intervenus selon lui dans cette relation à la nature. Le premier est que “le concept de « gestion » de la nature s’est substitué à celui de « protection » de la nature“, et le second que le terme de “nature” “tend à être remplacé par celui de « biodiversité » dans le langage courant“.

Aussi l’objectif général du colloque était bien de dresser un panorama sur nos relations à la nature et de s’interroger sur leur futur.

Organisé en six sessions de présentations après une conférence inaugurale “Sortir du remarquable ?” de Raphaël Larrère, sociologue, le colloque a été également rythmé par deux tables rondes (“Doit-on abandonner l’usage du terme « biodiversité » et revenir à celui de « nature » ?” et “Peut-on encore piloter la nature ?“) et s’est terminé par une conférence de clôture de Patrick Blandin, écologue, professeur émérite au MNHN. Un livret des résumés est disponible.

La plateforme numérique ayant permis les échanges avec les nombreux participants à distance, des enregistrements en vidéo de deux journées de présentations et de débats sont disponibles à deux adresses indiquées par l’AHPNE :

Et les EEE dans tout ça ?

Considérant que les EEE font partie, qu’on l’admette ou non, de cette nature, c’est dans ce contexte qu’a été proposé par Alain Dutartre et Emmanuelle Sarat, une intervention portant (évidemment) sur les espèces exotiques envahissantes : “Gérer les espèces exotiques envahissantes : un apprentissage collectif en constante évolution, de l’intervention à l’éthique…”.
Durant le colloque, cette proposition acceptée a été la seule qui portait sur la problématique des invasions biologiques et cette particularité a conduit à divers échanges “questions-réponses” à distance permis par l’organisation “numérique” de la manifestation.

La présentation est disponible ici.

Son enregistrement se trouve dans la session 3, intitulée “Des partenariats reconfigurés ?” (voir la vidéo à 4’45’’), et les échanges “questions-réponses” durent environ 15 minutes (voir la vidéo à partir de 1h01’).

Une consultation du livret des résumés permet d’évaluer la grande diversité des thèmes abordés lors de ces deux journées, avec plusieurs questionnements portant sur les démarches de gestion et leur devenir, mais aussi sur la manière d’évaluer l’état de la biodiversité. En particulier, Patrice Notteghem [1] (vice-président du Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne) a présenté une démarche de réflexion sur ce sujet (“La biodiversité entre naturalité, artificialité et culturalité“, résumé page 4) dans laquelle il resterait peut-être à évaluer la place des espèces exotiques envahissantes.

Cette participation au titre des questions que nous portons avec le Centre de Ressources est un des exemples d’actions et d’efforts qu’il nous paraît indispensable de poursuivre pour que les évolutions des communautés vivantes dans tous les milieux qui nous environnent, causées à la fois par ces espèces colonisatrices et les conséquences du changement climatique, soient évaluées dans leur totalité et pas seulement, pour ce que concerne les espèces exotiques, sous l’angle d’une nécessité irréfléchie de leur régulation ou de leur éradication.

[1] Patrice Notteghem a déjà contribué au Centre de Ressources EEE à propos du Bryozoaire Pectinatella magnifica

Cet article est également disponible en : Anglais

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