Invasions biologiques en Afrique du Sud

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Publié en tant que volume 14 de la collection “Invading Nature” Series de l’éditeur scientifique Springer, l’ouvrage Biological Invasions in South Africa est un ouvrage de 975 pages en libre accès. Il peut être téléchargé en un seul fichier ou par article sur le site internet de l’éditeur.

Cet ouvrage en langue anglaise fait un point extrêmement complet sur cette problématique en Afrique du Sud, en compilant un total de 31 articles, organisés en 7 parties :

  1. Contexte / Background
  2. Invasions biologiques en Afrique du Sud / Biological invasions in South Africa
  3. Vecteurs d’introduction / Drivers of Invasion
  4. Impacts des invasions / Impacts of Invasions
  5. Gestion des invasions / Management of Invasions
  6. Nouvelles perspectives / New Insights
  7. La voie à suivre / The Way Forward

 

Préface de Daniel Simberloff

Dans sa longue et très argumentée préface, Daniel Simberloff, de l’Université du Tennessee, rappelle le rôle très important joué par l’Afrique du Sud dans l’histoire des invasions biologiques et le développement d’une science des invasions pour comprendre et atténuer leurs impacts.

Il en présente les raisons historiques, directement liées à la colonisation européenne débutée au XVIIe siècle et aux nombreuses introductions d’espèces terrestres, d’eau douce et marines, par les immigrants et leurs descendants. Avant la fin du XIXe siècle, certaines de ces espèces dont notamment des plantes, étaient déjà considérées comme envahissantes et des projets de lutte biologique ont été mis en place dans les années 1890.

Dans les années 1980, les recherches dans ce domaine ont bénéficié de la mise en place d’un programme international SCOPE (Scientific Committee on Problems of the Environment), portant sur l’écologie et la conservation des écosystèmes de type méditerranéen, dans lequel l’Afrique du Sud a pu prendre toute sa part en publiant un ouvrage sur l”écologie et la gestion des invasions biologiques en Afrique australe, répondant pleinement à l’objectif du projet SCOPE. Par la suite, un programme sud-africain “Working for Water” a été lancé en 1995 pour lutter contre les invasions de plantes, contribuant ainsi à la conservation de l’eau et à la préservation de la biodiversité, en permettant également de lutter contre la pauvreté. Ce programme a été suivi par la création en 2004 du Centre sud-africain de biologie des invasions.

Daniel Simberloff termine sa préface en indiquant qu’au vu de la longue histoire des invasions biologiques en Afrique du Sud et de l’importance des travaux de recherches menées dans ce pays, il est passionnant que tous les aspects de la question soient maintenant résumés dans cet ouvrage et que les leçons de l’Afrique du Sud inspirent un certain optimisme quant aux possibilités de gestion des invasions biologiques dans le futur.

L’ouvrage

Dans l’ouvrage, après un aperçu général et un historique rapide des chercheurs et des recherches menées dans le domaine, sont successivement passés en revue tous les groupes taxonomiques alimentant les invasions biologiques (plantes terrestres et aquatiques, vertébrés terrestres, faune dulçaquicole, invertébrés terrestres, pathogènes des vertébrés) et des biotopes particuliers (territoires subantarctiques, zones côtières). Les vecteurs d’introductions sont ensuite examinés, y compris les rôles que peuvent jouer les facteurs environnementaux et les interactions biotiques. La quatrième partie de l’ouvrage présente les différents impacts des invasions, dont ceux sur les cycles de l’eau et les parcours de pâturage.

La cinquième partie est consacrée à la gestion de ces invasions. Après une présentation de la règlementation appliquée dans ce domaine et un bilan historique sur plus d’un siècle de mise en œuvre de contrôles biologiques des plantes exotiques envahissantes, sont listées les analyses de risques, les projets de contrôle (et leur efficacité) des plantes et des animaux exotiques envahissants, les relations entre invasions biologiques et restauration écologique, les dimensions sociales de ces invasions et les développements sur le terrain en matière d’éducation, de formation et de capacités d’intervention.

Les perspectives de la cinquième partie comportent des bilans, en matière de donation de plantes et d’animaux d’Afrique du Sud vers d’autres parties du monde (en ce qui concerne les animaux, citons par exemple le Xénope lisse (Xenopus laevis), qui commence à être bien connu en métropole), des flux d’informations entre chercheurs et gestionnaires (un transfert bidirectionnel des connaissances entre la science et la gestion), de la part des recherches menées sur les invasions biologiques par rapport à celles sur le changement global. Cette partie de l’ouvrage se termine par la description des activités développées par le Centre d’excellence pour la biologie des invasions en Afrique du Sud (Centre of Excellence for Invasion Biology in South Africa) depuis sa création en 2004, en matière de recherche, d’éducation et de formation, de création de réseaux, d’échanges d’informations et de de prestation de services.

Enfin, la dernière partie, intitulée La voie à suivre (“The Way Forward“), comporte un seul article présentant des éléments de prospectives sur les invasions biologiques en Afrique du Sud. Quatre scénarii sont proposés et examinés, avec des analyses de l’ensemble des processus (technologiques, socio-politiques, commerciaux, de changement global et d’évolution écologique, etc.,) qui pourraient affecter les invasions biologiques en Afrique du Sud d’ici 2025 et 2070.

 

N.B. : les recherches menées sur les invasions biologiques en Afrique du Sud ont déjà attiré notre attention, particulièrement en ce qui concerne le recours à des agents de contrôle biologique, un domaine de la gestion des EEE encore très peu abordé en France. Deux articles ont déjà été publiés sur ce sujet, le premier en septembre 2016, à propos de la gestion des plantes exotiques envahissantes, le second en février 2019 concernait la publication d’un numéro spécial d’une revue présentant un bilan de la situation des invasions biologiques et de leur gestion à l’échelle de l’Afrique du Sud.

 

Rédaction : Alain Dutartre, expert indépendant
Relectures et contributions : Emmanuelle Sarat et Madeleine Freudenreich, Comité français de l’UICN

Cet article est également disponible en : Anglais

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