Frelon asiatique, Jacinthe d’eau et mimosas : des actions transfrontalières franco-italiennes se mettent en place pour limiter leur expansion !

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Depuis janvier 2017, le projet ALIEM associe neuf organismes français et italiens dans l’objectif de participer activement à la connaissance, l’expérimentation de gestion, la sensibilisation et la veille des espèces exotiques envahissantes sur leur territoire. Ce partenariat transfrontalier d’une durée de 3 ans porte sur des espèces jugées prioritaires, c’est-à-dire certains insectes comme le Frelon asiatique (Vespa velutina), le Charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus) et la Pyrale du buis (Cydalima perspectalis) ainsi que des végétaux comme le Mimosa d’hiver (Acacia dealbata), le Séneçon anguleux (Senecio angulatus) et la Jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes).

ALIEM, «Action pour Limiter les risques liés à la diffusion des espèces Introduites Envahissantes en Méditerranée », est un réseau transfrontalier interinstitutionnel et scientifique pour la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes (EEE) menaçant la biodiversité, s’appuyant sur la gouvernance territoriale, la recherche et développement et la société civile.

Les régions et les partenaires du projet

Ce projet financé par le programme Interreg Italie-France Maritime 2014-2020 intervient dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement européen n°1143/2014 du 22 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes, qui préconise des coopérations régionales intra-européennes (article 27).

Pour être traitée le plus efficacement, la problématique des invasions biologique doit être si possible abordée à une échelle biogéographique pertinente ne tenant pas compte des frontières administratives. Dans cette optique, neuf partenaires français et italiens, répartis sur les 5 territoires régionaux du Programme “Marittimo-IT FR-Maritime” (Var et Alpes-Maritimes, Ligurie, Toscane, Corse et Sardaigne), avec l’Office de l’Environnement de la Corse comme chef de file, ont lancé des travaux coopératifs sur les EEE. Parmi les actions prioritaires de ce programme figure la création d’un réseau de surveillance de ces espèces.

Pour un partage des connaissances

Le projet a pour objectif la création d’un observatoire transfrontalier, comportant une plateforme de recueil, d’échanges et d’analyses de données relatives aux espèces exotiques envahissantes (végétaux et insectes pour le moment) de la région méditerranéenne, prochainement disponible sur un site internet dédié, et accessible à tous. Sur le même principe que d’autres plateformes de signalement d’espèces comme par exemple l’INPN Espèces et le site EEE-FIF (Espèces Exotiques Envahissantes – Faune Introduite en France), il sera possible – entre autres – de signaler des observations d’insectes exotiques envahissants ou de consulter les listes des espèces exotiques envahissantes dangereuses pour la biodiversité du projet ALIEM dont les risques de dispersion nécessitent une attention particulière en France ou en Italie.

Mise place d’un réseau de surveillance

Cette initiative, favorisant l’identification d’informations validées à partager à l’intérieur de l’espace de coopération, permet aussi la structuration et l’animation d’un réseau de surveillance adapté à chaque contexte régional, pour une opérabilité optimale. Ainsi, à partir d’une base commune transfrontalière, chaque partenaire institutionnel développe et anime son propre réseau pour sensibiliser et informer de façon ciblée un maximum de parties prenantes à l’échelle locale. Il est ainsi proposé, suivant les réseaux visés, soit la possibilité de suivre des formations avec des supports communs partagés entre partenaires, de participer à des événements transfrontaliers, de s’approprier des objets de communication réalisés lors du projet ALIEM ou encore de suivre l’actualité du projet sur les réseaux sociaux (la page Facebook dédié au projet).

L’information et la sensibilisation du plus grand nombre

Les partenaires sont engagés dans la création d’outils d’information et de sensibilisation à l’attention de divers publics, comme des posters de signalements « avis de recherche », une mallette pédagogique, mais aussi dans la réalisation de séminaires relatifs aux espèces exotiques envahissantes (« Espèces invasives » qui a eu lieu à Gênes, Italie, en octobre 2018) ou encore d’une exposition itinérante : « ALIENS ! Faune et flore venues d’ailleurs » qui sera installée au Muséum départemental du Var (Toulon, France) à partir du 6 avril 2019.

Relevés de pièges à Charançon rouge du palmier © C. Cottaz

Un plan d’action transfrontalier pour la gestion des EEE

Des expérimentations de détection d’espèces et de gestion sont en cours d’élaboration par les partenaires du projet : l’Université de Gênes étudie par exemple des modèles de distribution potentielle de dispersion de certaines espèces végétales exotiques envahissantes, comme Acacia dealbata, Senecio angulatus, S. inaequidens ou encore S. pterophorus. Le Muséum de Livourne se concentre sur l’étude des données phénologiques du Baccharis halimifolia afin de définir ses paramètres critiques de survie [1]. L’Université de Sardaigne étudie également la phénologie d’Acacia dealbata et A. saligna. Le Muséum départemental du Var teste une méthode de détection de Vespa velutina et de Linepithemahumile (fourmi d’Argentine).Les Conservatoires botaniques nationaux méditerranéens de Porquerolles et de Corse expérimentent des techniques d’éradication d’espèces comme Senecio angulatus ou Acacia dealbata.

De ces études découlera un document stratégique transfrontalier pour la gestion des espèces exotiques envahissantes qui proposera une stratégie commune de prévention, d’alerte, de suivi, de lutte et de restauration des milieux perturbés et la réhabilitation des milieux ayant subi des opérations de gestion.

[1] l’étude porte sur l’acquisition de données phénologiques afin de définir la température minimale de développement critique mais aussi les températures de développement optimales ainsi que la température maximale de développement critique. Ces données serviront à élaborer une caractérisation agroclimatique de l’espèce afin de pouvoir réaliser des modèles prédictifs de développements optimaux pour le Baccharis.  Cela permettra aussi d’évaluer la propagation potentielle de l’espèce en fonction de la présence des populations qui pourraient y répondre et des conditions climatiques qui permettent son développement et sa propagation futures.

Rédaction : Cyril Cottaz et Eléonore Vandel, Conservatoire Botanique National Méditerrranéen
Relectures : Doriane Blottière et Emmanuelle Sarat, Comité français de l’UICN, Alain Dutartre, expert indépendant

En savoir plus : sur le site internet du projet 

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