– PAGE EN COURS DE CONSTRUCTION –

 

Ce travail a pour objectif de compiler et mutualiser les connaissances actuellement disponibles et qui ont été portées à notre connaissance dans le cadre dans le cadre du Guide technique pour accompagner le traitement des déchets de plantes exotiques envahissantes issus d’interventions de gestion (CDR EEE, 2021).

Ces connaissances sont susceptibles d’évoluer et des mises à jour sont ainsi réalisées (date de dernière mise à jour : 23/08/2021). Bien que les informations collectées semblent encourageantes quant aux possibilités de traitement et de valorisation des plantes exotiques envahissantes, il n’est pas possible de généraliser ces résultats à l’ensemble des contextes d’invasion  et plusieurs paramètres peuvent faire varier les résultats comme la période à laquelle les résidus de plantes ont été prélevés ou en fonction du climat des territoires concernés.

Les différentes modalités (durée, protocole) de traitement sur un même type d’exutoire et une même espèce peuvent également avoir un impact sur la recommandation ou non du traitement d’une espèce dans cet exutoire (exemple : si le compostage d’une durée de 90 jours et une montée en température à 75 degrés a permis d’empêcher la germination de graines d’une espèce, cela ne permet pas d’attester qu’un compostage sur une durée plus courte et à une température moins élevée empêchera également cette germination). Il est donc indispensable de vérifier si l’exutoire vers lequel vous souhaitez diriger vos déchets utilise un process au moins équivalent à celui utilisé dans l’étude ressource.

Nom commun de l’espèceCompostage (industriel ou de proximité) Méthanisation Incinération (en installation agréée) Stockage Complément d’information et autres méthodes de traitement expérimentées Sources
Agaves d’Amérique

Agave americana

Agave sisalana
Oui. Les déchets végétaux peuvent être compostés normalement s’ils ne contiennent ni fleurs, ni graines, ni racines. Non documenté Oui, à privilégier en cas de présence de graines, de racines ou de rhizomes. Uniquement les racines et rhizomes lorsque présence de terre. Au Parc National des Calanques à Marseille, les cœurs d’Agave americana sont valorisés sous forme de boisson alcoolisée par l’association REEVEAL.

A Saint-Martin, les gestionnaires préconisent d’évacuer l’ensemble des plantes arrachées vers des centres de traitement.
Lorsque cela est difficilement réalisable, la base et les feuilles du tronc (la rosette) sont coupées et laissées sur site tête en bas pour limiter les chances de reprise (en milieu sec et sableux dans ce contexte). Les racines et rhizomes sont exportés vers une plateforme de compostage agréée (absence d’incinérateur dans cette collectivité à l’heure actuelle) (Julien Chalifour, comm. Pers. 2021).
Ailante glanduleux

Ailanthus altissima
Oui. Les déchets végétaux peuvent être compostés normalement s’ils ne contiennent ni fleurs, ni graines, ni racines. Cette méthode de traitement n’est pas conseillée pour des parties aériennes trop lignifiées. Oui, à privilégier en cas de présence de fruits (samares). Uniquement les racines et rhizomes lorsque présence de terre. D’après la publication à dire d’expert du Cercle Exotique (Suisse), les déchets comportant des fleurs ou des graines peuvent être valorisés en compostage industriel, en méthanisation mésophile ou thermophile. Les racines et drageons sont à éliminer par compostage en boxes ou par fermentation thermophile.

Comme pour la plupart des espèces arbustives, le tronc peut être utilisé comme bois-énergie, sous forme de plaquettes ou de bûches.
Cercle exotique. (2014). Recommandations pour la lutte contre l’ailante (Ailanthus altissima). Version 1.0. Octobre 2014
Herbe à alligator

Alternanthera philoxeroides
Oui. Une température de 55°C et une exposition d’au moins 436 heures permettent d’assurer l’innocuité du compost (Dorahy, 2009). Oui. Des expérimentations menées en Chine ont obtenu une production de 167 m3 de biogaz à partir de 2,591 kg de matière au bout de 83 jours de digestion anaérobique (rendement 0,33 m3/kg) (Zimu et Weidong, 2011). Oui. Dans le Vaucluse, les déchets verts issus des arrachages ont été exportés pour incinération (Cottaz et al., 2021). Cottaz, C., Terrin, E. et Blottière, D. (2019). Expérimentation de gestion de l’Herbe à alligator sur l’Ouvèze (Vaucluse). Centre de ressources Espèces exotiques envahissantes. UICN Comité français et Agence française pour la biodiversité, mars 2019

Dorahy, C.G., A.D. Pirie, L. Muirhead, P. Pengelly, K.Y. Chan, M. Jackson, I.M. Barchia.
2009. Environmental risk assessment of compost prepared from Salvinia, Egeria densa, and alligator weed. Journal of Environmental Quality 38 : 1483–1492.

Zimu, L. S. H. W. X., & Weidong, X. (2011). Pilot-scale study on production of biogas from water hyacinth and alternanthera philoxeroides by anaerobic digestion [J]. Chinese Journal of Environmental Engineering, 6.
Ambroisies

Ambrosia artemisiifolia

A. psylostachya

A. trifida

A. tenuifolia
Oui. Les déchets végétaux peuvent être compostés normalement s’ils ne contiennent ni fleurs, ni graines, ni racines.

En présence de graines, un compostage industriel avec une montée en température de 70°C pendant 40 jours permet la destruction des semences (Lettre de l’Observatoire des ambroisies, 2013)

Au stade de plantule et en phase de croissance, un compostage in situ peut être envisagé.
Oui, inhibition du pouvoir germinatif des plantes observé dans plusieurs études. Oui, la valorisation thermique peut être recommandée en cas de risque de contamination par les graines. Uniquement les racines et rhizomes lorsque présence de terre. À partir de fin août, les plants arrachés doivent être transportés à la déchetterie et incinérés séparément. Le compostage, possible au début de l’été, est interdit en août et septembre, car les terres ou composts peuvent devenir alors “contaminées” (Julienne, 2018)

Le brûlage sur place des déchets n’est possible que dans les départements où l’arrêté préfectoral relatif à la lutte contre l’ambroisie l’autorise.
Julienne, C. (2018). La lutte contre l’ambroisie: Gestion biosécuritaire d’une espèce invasive. Revue d'anthropologie des connaissances, 12, N3, 455-480. https://doi.org/10.3917/rac.040.0455

Lettre de l’Observatoire des ambroisies. (2013) Lettre N°12. Juin 2013.

ARS Grand Est. (2017). L'ambroisie à feuilles d'armoise. Un enjeu de santé publique. Une plante envahissante et allergisante. [En ligne]
Contacter le Centre de ressources EEE

Pour toute information, n'hésitez pas à nous contacter. Vous reviendrons vers vous le plus rapidement possible. Cordialement, l'équipe de mise en oeuvre du Centre de ressources EEE.

Not readable? Change text. captcha txt
0
X